Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 11:02

Coucher de soleil sur le Tchad.

Tout autant que ce genre d'image, la nostalgie de l'exilé au bord du fleuve est un grand classique.

On a déja évoqué le psaume 137, "Au bord des fleuves de Babylone ..." :

 

"Au bord des fleuves de Babylone

nous êtions assis et nous pleurions

nous souvenant de Sion..."

 

coucher de soleil2

 

 

Tout le monde se souvient du tube de Boney M, By the rivers of Babylon... et on connait quelques autres vers du Psaume :

"Si je t'oublie, Jerusalem ..." 

Mais la suite est moins souvent citée : "que ma main droite se déssèche, que ma langue se colle à mon palais..." 

 

Et les derniers vers sombrent dans l'horreur : 

 

coucher de soleil3

 

"Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ;

aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.
 
C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. »
Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !
 
Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem au sommet de ma joie.
Souviens-toi, Seigneur, des fils du pays d'Édom, et de ce jour à Jérusalem où ils criaient : « Détruisez-la, détruisez-la de fond en comble ! »
 
O Babylone misérable, heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus ;
heureux qui saisira tes enfants, pour les briser contre le roc !"

 

 

coucher de soleil4

 

Dans la traduction de la Bible de Jérusalem:

"Fille de Babel, qui dois périr, ... heureux qui saisira et brisera tes petits contre le roc !"

 

Quand on lit la fin du psaume, on se dit que non, vraiment, le psalmiste est trop sauvage.

Mais souvenons-nous que les rives des fleuves de Babylone sont situées en Irak actuel : il y a des traditions qui ont la peau dure.

Après ça, on parlera de la violence du Coran, alors que nulle part, à ma connaissance du moins, les appels à la violence n'y sont aussi explicites.

 

Heureusement, personnellement, les rives du Chari ne me rendent pas tellement nostalgique. Il faut dire qu'il est moins facile de pleurer en se souvenant des crassiers de Saint Etienne, Loire, que des collines de Sion, malgré les photos de Tonton Charlie qui essaient de montrer le contraire :

 

http://lesfossoyeursdudimanche.over-blog.com/ .   

 

coucher de soleil1

Par rapports-tchadiens
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 17:23

Hier soir, lorsque je suis sorti du travail, vers 17 heures, un curieux nuage jaune se dessinait à l'horizon. Je fis un petit tour dans le quartier pour m'acheter une carte de téléphone, et une dizaine de minutes plus tard, alors que je remontais le long de l'ancienne gendarmerie, je me rendis compte que c'était un réalité un vent de sable qui approchait au bout de l'espace vide qu'est devenue la gendarmerie depuis qu'elle a été rasée.

 

Les gendarmes qui traînaient dans le quartier, dans leurs uniformes disparates, chaussés de tongs en plastique, maigres et vaguement inquiètants, ont en effet été paraît-il mutés en province. Le quartier en paraît beaucoup plus sûr. Les bâtiments de la caserne ont été démontés pierre par pierre, tout y a été récupéré, les fers du béton armé dénudés et redressés, les briques emportées, le moindre de bout de bois recyclé. L'ancienne gendarmerie est donc devenue ce vaste espace vide bordé d'avenues désertes sur lequel tourbillonne la poussière.  

 

Un brouillard jaune envahissait le quartier par le nord, compact comme un gros morceau de coton sale. Lorsque je suis arrivé chez moi, il y avait une nouvelle couche de poussière sur l'ancienne.

 

Ce matin, j'ai été m'acheter quelques mangues et de délicieux beignets que font cuire des femmes sur le trottoir dans de grandes bassines d'huile bouillante. Le long des concessions, à l'ombre d'un mur, quelques hommes assis sur des bancs de bois mangent, fument, boivent un thé ou ne font rien. Dix mètres plus loin, d'autres femmes et des petites filles couvertes de voiles rouges cassent les derniers gravats de l'ancienne gendarmerie pour en faire du gravier dont elles remplissent de grands sacs en plastique qu'elles vendent ensuite au bord de la route pour une dizaine d'euros.  

 

Sur le chemin du retour, je croise un enfant qui pousse, sur une sorte de petite charrette, ce que je qualifierais de morceau d'homme : il semble n'avoir que le tronc et la tête, les membres sont soit atrophiés, soit n'existent pas. La tête seule, couverte du chèche, émerge entre les ridelles et me regarde brièvement avec peut-être un peu de peur ou d'envie. La chaleur est intense. Un énorme 4X4 passe à toute allure en soulevant un nuage de poussière.

 

Aujourd'hui, c'est la fête de la Libération. A la télé, Hollande et Sarkozy rendent hommage au soldat inconnu, des commentateurs se félicitent de l'unité du peuple français retrouvée après la violence "clivante" de la campagne électorale. Les deux présidents se tiennent au garde-à-vous devant l'arc de triomphe, sous le drapeau tricolore, une chorale interprète le chant des partisans. Des images montrent Paris, les arbres des avenues ont de belles feuilles printanières, on voit des gens qui se promènent, les immeubles élégants et la Seine. A Paris, on se promène, ensuite on ira manger en terrasse en parlant politique. 

 

Je ressens une impression un peu bizarre en mangeant mes beignets avec du piment et un avocat, tout seul devant ma télé. Il y a évidemment celle de la distance qui me sépare de tout cela, celle de voir la France comme un autre monde aperçu par une lorgnette, un monde un peu bizarre où règnent des principes peu réalistes et où se passent des choses peu réelles. C'est aussi le sentiment que je me trouve ici comme dans un débris de la zone d'influence française, avec ce drapeau bleu jaune rouge qui est le drapeau du Tchad, là où les "valeurs républicaines" sont bien présentes mais comme des mots désuets ou salis, et là où les rares Français que l'on peut croiser suscitent l'indifférence ou la méfiance, parfois peut-être un peu de peur.           

Par rapports-tchadiens
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 19:53

Pour l'instant, vous ne le trouverez qu'à Montréal, pour une quarantaine de dollars, mais il va sortir en France cet été.

 

C'est un livre qui reprend les actes du grand colloque qui s'est tenu à Queen's University, Belfast, en Irlande du Nord, colloque qui déchaîna l'enthousiasme des foules irlandaises, avec l'intervention de stars internationales de la Philosophie et des Lettres, sur un sujet passionnant et très novateur, permettant de découvrir tout un pan immense et jusqu'ici inconnu de la culture mondiale, ce qui consitue donc une révolution scientifique que l'on ne peut comparer qu'à celles de Copernic ou d'Einstein.

 

Une page de pub :

 

VIENT DE PARAITRE :

 

Traits chinois/

 

lignes francophones

 

 

 

Sous la direction de

Rosalind Silvester et Guillaume Thouroude

 

 

 

La fin du XXe siècle a vu l'émergence de la Chine comme puissance économique,

 

mais le monde francophone connaît l'influence culturelle de la Chine

 

depuis bien plus longtemps. Depuis 1880, des

 

auteurs chinois utilisent la langue française pour s’exprimer et pour

 

élaborer des oeuvres variées, souvent polymorphes et transdisciplinaires.

 

Cet ouvrage veut faire le point sur la francophonie chinoise

 

et son histoire.

 

 

François Cheng à l’Académie française, Gao Xingjian prix Nobel de

 

littérature, Yan Ming-Pei au Musée du Louvre, Ying Chen célébrée

 

en Amérique du Nord, la communauté chinoise présente tous les

 

signes d’une réussite culturelle éclatante au sein du monde francophone.

 

En multipliant les approches, ce livre rend compte de la

 

richesse des créateurs franco-chinois. Il s’intéresse aussi à des figures

 

inconnues, comme un peintre oublié des années 1930 et une

 

blogueuse audacieuse. Enfin, en s’aventurant sur des territoires

 

inattendus, l’Afrique par exemple, où les Chinois communiquent

 

souvent en français, les auteurs explorent un champ de recherche

 

qui montre déjà des potentialités esthétiques insoupçonnées.

 

 

Ont contribué à cet ouvrage :    

 

 

Nathalie Bittinger, Cao "Neige" Dong Xue, Roland Carrée, Benoît Carrot, Ileana Daniela Chirila, Cécilia de Varine,

 

Jacqueline Estran, Gao Xingjian, Marie-Christine Lambert-Perreault,

 

Gabrielle Parker, Rosalind Silvester, Guillaume Thouroude, et

 

Yinde Zhang.

   

 

 

Collection « Sociétés et cultures de l’Asie »

 

ISBN 978-2-7606-2292-0

 

2012

39,95 $ • 36

 

e  • 320 pages

Couverture : © Gao Xingjian,

 

Également disponible en version électronique

 

sur le site Web des PUM

 

Relations de presse Sylvie Brousseau • 514 343-6933 poste 35192 • brousses@pum.umontreal.ca

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 09:40

Un abri, monté sur le dos du chameau, protège les femmes et les enfants. C'est un spectacle extraordinaire de voir ces tentes mobiles bardées d'ustensiles de cuisine et de menus objets, qui abritent une femme voilée et un petit enfant. parfois, on voit aussi un chameau portant son petit. Les hommes vont devant, montés à cheval.  

 

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Ce sont peut-être des Goranes ou des Peuls. On les croise, en saison sèche, dans la région qui s'étend du lac Tchad au sud de N'Djaména. Ils forment de longues caravanes mêlant chameaux, ânes et chevaux. Certains convoient des troupeaux de boeufs. Ils nomadisent entre l'Est, depuis les déserts du Darfour tchadien, jusqu'au Chari, sur près d'un millier de kilomètres de territoires semi-désertiques. 

 

nomades1

 

Le passage des nomades, dans les régions agricoles du Chari ou du sud, pose de nombreux problèmes de voisinage avec les sédentaires, dont les plantations servent de pature aux troupeaux de chameaux ou de boeufs. Il y avait autrefois plus de zones désertes, mais l'augmentation de la population et l'exode dû aux guerres ont limité cette étendue.  

 

nomades2 

 

Une nuit, dans un quartier de N'djaména où j'étais allé boire une bière, en sortant du maquis pour prendre l'air, j'ai assisté au passage d'une caravane : les hommes à cheval, voilés de leur chèche, des dromadaires, des boeufs ... Le tout en pleine ville, sur une artère à peu près déserte à cette heure tardive, sous le clair de lune.

 

Certains nomades traversent ainsi N'Djaména, m'a-t-on expliqué, pour aller prendre le pont qui les conduira vers d'autres paturages, au Cameroun ou an Nigeria.        . 

 

 

nomades3

 

 

"Il vous a fait la terre pour berceau, il y a tracé des chemins pour que vous puissiez vous guider. Il fait pleuvoir avec mesure l'eau par qui nous faisons revivre un sol mort. Ainsi vous fera-t-on sortir de vos tombes. Il a créé toutes les espèces. Il vous a donné navires et chameaux pour vous porter et vous vous y asseyez. Et vous vous souviendrez alors des bienfaits de votre Seigneur. Vous direz : gloire à celui qui nous les a soumis, nous qui n'aurions pu les dominer."

Coran, XLIII, 9-25, "Navires et chameaux". 

 

 

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Par rapports-tchadiens
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 08:38

Il paraît que Marine Le Pen a fait 18,2 % des voix hier aux présidentielles françaises. Une donnée étrange de ce score, c'est le vote noir et l'opinion de nombreux Africains qui, semble-t-il, ont été séduits par sa candidature. Elle a en effet déclaré qu'elle voulait mettre fin à la "tentation néo-coloniale" de la France, tentation qui se serait exprimée selon elle dans les interventions françaises en Côte d'Ivoire et en Lybie.

 

Alors qu'on perçoit globalement le Front National comme un parti où l'on n'aime pas tellement les Noirs, ou alors seulement quand ils sont chez eux, il est donc intéressant de noter quelques réactions d'Africain(e)s à son propos, relevées sur Slate Afrique, à propos d'un article d'Eric Essono Tsimi, en 2011.

 

Rosine :

 

"Marine Le Pen est la seule candidate qui me fera aller voter, je ne veux pas polémiquer et essayer de convertir ceux qui sont en désaccord.

Je suis d'accord avec pratiquement tout ce qu'elle dit et surtout plus en accord avec elle qu'avec tous les autres candidats, quelques points de divergences mais aucun programme n'est plus proche de ce que je pense.

Femme courageuse qui ne craint pas de dire ce qu'elle pense et pas ce qu'elle devrait dire pour bêler avec les autres."

 

Sally Kone, directe :

 

"JE PENSE QUE VOUS SERIEZ ETONNER MAIS 80% D AFRICAINS VOTERONT MARIE LE PEN SANS AUCUNE HESITATION."

 

Toto Belate :

 

"En réalité, nous africains aimerions bien que Marine Le Pen emporte la cagnotte électorale, car ses idées nationalistes ressemblent for-bien à celles de nombreux africains qui ne voudraient plus voir une quelconque ingérence extérieure dans leurs affaires… surtout lorsqu’elle se fait à coup de bombe et obus sertis du bonus de l’humiliation de nos dignitaires nonobstant les frasques qui accompagnent leurs personnalités aux multiples facettes!"

 

Cameron, qui souligne que seuls le FN (et les Verts) se sont vraiment opposés au système de la Françafrique  :

 

" Si moi j'avais été francaise, j voterai pr marine lepen l'an prochain.
Mes calculs sont simples:


-La gauche et la droite ont pactisé pour attaqué l'afrique depuis des générations. mitterand a été aussi néfaste à l'afrik k chirac et sarkozy. Martine aubri et sa clik ont voté pour les massacres de l'otan en lybie, ont cautionné l'intervention en Cote d'Ivoire et ont avalisé le choix du PR [le PDG] du Gabon ki était pourtant contraire aux résultats des urnes. Conclusion: rien ne peut arreté ces partis.

 

Le FN par contre est dure envers les africains et les autres immigrés, mais c le seul parti en dehors des verts ki se sont opposés aux rififi de la nebuleuse communauté internationale. Il ya donc une chance pour k le FN en durcissant ses lois pr l'immigration... crée une pression populaire plus forte du coté des présidents éternels de l'afrik ki brillent par leur mediocrité et ki sont pourtant plébiscités par la france et co.

K les africains arrivent plus à contrer les plans sadik externes puiskil y aura sur l'autre rive un pouvoir autant haineux, k notre volonté de nous affranchir.

 

Avec marine lepen, nous arons nous serons loin des parrainages francais, la réalité sera dure, mais salvatrice.

Quant aux noirs de france, pr eux j n m fais pas de soucis, ils sauront se battre pour protéger leur acquis."    

 

http://www.slateafrique.com/36397/racisme-marine-le-pen-fn-jeanmarie-le-pen 

 

Ce genre de propos est banal chez les Africains. L'hypothèse d'une opposition du Front national à la "nébuleuse" de la Françafrique, semble en un sens avérée, à l'opposé, par les résultats du vote des Français au Gabon, qui sont, eux, fortement impliqués dans cette nébuleuse, et ont voté à 46,3% pour Sarkozy, et seulement à 9,9% pour Le Pen. La Françafrique est 2 fois moins lepeniste que la France tout court.

 

http://dworaczekbendome.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/04/23/gabon-france-presidentielle-2012-resultat-du-1er-tour.html

 

A ce propos, peut-être pour dessiller des personnes respectables comme Cameron, ou ceux qui auraient trop vite fait de conclure, il est amusant de ressortir une vieille déclaration de Bourgi, ex-monsieur françafrique de Sarkozy, le tonton flingueur des Affaires étrangères qui, après que Sarkozy l'eût viré, se mit à balancer en vrac :

 

"Je le dis aujourd'hui, je n'aime pas faire parler les morts, Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Bongo et le président Bongo a financé la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen en 1988.

 

J'affirme aujourd'hui que M. Jean-Marie Le Pen, avec le discours xénophobe et raciste qui est le sien, a fait le détour de Libreville et d'Abidjan avant les élections présidentielles de 1988 (...) Peu de Français savent que ce raciste et ce xénophobe était allé à Libreville et à Abidjan. (…) Et le président Bongo m'a dit, moi, et M. Foccart était présent, s'adressant à M. (Jacques) Foccart il lui a dit "doyen", comme tout le monde l'appelait, "le Le Pen il a été content de partir avec l'argent d'un nègre" »"

 

http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAWEB20110912184301/politique-justice-campagne-nicolas-sarkozyaffaire-bourgi-le-pen-finance-par-omar-bongo.html

 

En ce sens, il serait important de rappeler que, en réalité, seule Eva Joly a, par ses actes, et pas seulement par des discours, prouvé qu'elle était vraiment opposée au système mafieux de la Françafrique, lorsqu'elle instruisit le procès Elf en 1996, qui aboutit à l'incarcération de l'ancien patron d'Elf-Aquitaine (aujourd'hui Total), pour ses magouilles au Gabon . 

Par rapports-tchadiens
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